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Article pour hors srie Taktik (suite3)...Lorsqu'on tudie la situation des femmes dans chacun des pays musulmans mditerranens, l'tat des lieux est dsastreux. Les grandes lignes en sont connues, nous ne reprenons en encart quelques exemples pris une tude dtaille de lĠinterprtation du Coran dans la lgislation des 3 pays du Maghreb du Collectif Maghreb-Egalit . Sur le plan juridique, partout (sauf en Tunisie et en Turquie) la loi elle-mme qui proclame hautement l'ingalit civile et sociale des hommes et des femmes. En Algrie, le "Code de la Famille" de 1984 reprend et officialise les dispositions les plus ingalitaires et les plus obscurantistes du droit musulman : polygamie, rpudiation, mise sous tutelle de la femme, ternellement dpendante du pre puis du mari. Au Maroc, en Egypte, la loi entrine aussi, des degrs divers, les discriminations et les ingalits entre sexes. La seule exception est peut-tre la Tunisie, o l'islam reste religion d'Etat, mais o les femmes jouissent depuis 1956 d'un statut personnel pratiquement "lac", puisque la polygamie est interdite, le divorce par consentement mutuel autoris, et que l'enseignement est mixte et l'galit des sexes reconnue. Ce qui prouve, s'il en tait besoin, que tout est affaire d'interprtation et qu'un pays peut garder son caractre musulman tout en mettant en pratique l'galit des droits. Plus encore que la loi, la tradition pse : le Code de la Famille algrien est en complte contradiction avec la Constitution algrienne qui tablit la parit entre les sexes, et avec certains traits internationaux signs par l'Algrie. Qui s'en soucie ? Dans les faits, les dispositions sexistes du Code l'emportent sur la Constitution et elles sont appliques sans faiblir par un pouvoir politique largement masculin, soucieux de sauver ses prrogatives. Mme constatation au Maroc, o la Constitution garantit le droit de tous les citoyens l'instruction mais o, faute de sanctions pnales et d'une politique d'alphabtisation, 78 % des femmes ges de plus de 10 ans sont exclues du savoir. Mme mpris des textes en Algrie, o la Constitution n'opre aucune discrimination entre sexes en matire d'emploi, mais o seulement 8 % des femmes d'ge actif occupent un emploi salari. Des remarques identiques peuvent tre faites dans tous les domaines de la vie quotidienne. Partout la pression sociale et religieuse s'exerce pour les femmes, maintenir en sujtion que ce soit parce qu'on les marie trs jeunes (en Libye 34 % des femmes sont maries entre 15 et 19 ans) ou parce qu'on les cantonne dans les travaux pnibles ou de rang infrieur (60 % des femmes gyptiennes, contre 32 % des hommes, travaillent dans les champs). Faut-il ajouter que des actes aussi barbares que l'excision sont encore largement pratiqus en Egypte et ailleurs ? Que la misogynie des islamistes algriens les conduit des violences et des crimes insoutenables ? Que l'imam Ali Belhadj, en 1992, a dclar la femme "butin de guerre", avalisant ainsi les rapts et les viols ? Suite
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